Actions TotalEnergies : l'action peut encore grimper si le conflit continue ?
Pourquoi TotalEnergies défie les pronostics en 2026 : 4 points clés à retenir
BOURSEÀ LA UNE
Le paradoxe de l'énergie en temps de crise
Alors que les tensions géopolitiques s'intensifient au Moyen-Orient, opposant les États-Unis et Israël à l'Iran, un acteur européen semble transformer cette instabilité en un moteur de performance exceptionnel. Le 23 juillet prochain, TotalEnergies dévoilera ses résultats du deuxième trimestre dans un climat de confiance quasi insolent. Le paradoxe est frappant : là où l'incertitude paralyse souvent les marchés, elle agit ici comme un catalyseur.
Le bureau d'analyse AlphaValue ne s'y est pas trompé en relevant, le 10 juin dernier, sa recommandation de « Réduire » à « Accumuler ». Les prévisions donnent le tournis : une croissance projetée de 84 % du bénéfice par action (BNPA) pour 2026, suivie d'une progression de 30 % en 2027. Comment ce géant parvient-il à transformer le chaos mondial en une opportunité de croissance record ? La réponse réside dans une maîtrise chirurgicale du risque et une vision stratégique à long terme.
Le pari gagnant du GNL : Une croissance de 65 % à l'horizon 2050
La transition de TotalEnergies vers le Gaz Naturel Liquéfié (GNL) n'est plus une simple option, mais le socle de sa rentabilité future. Moins polluant que le charbon, le GNL s'impose comme l'énergie de transition par excellence. Selon AlphaValue, la demande mondiale devrait bondir de 422 millions de tonnes en 2025 à 700 millions en 2050, portée par l'appétit énergétique insatiable de l'Asie, Chine en tête.
Pour capter cette manne, le groupe a relancé le projet titanesque « Mozambique LNG », interrompu pendant cinq ans. Les premiers signaux sont déjà au vert : au premier trimestre, la division GNL a vu ses profits s'envoler de 43 %, soutenue par une hausse de production de 12 %. Cette agilité opérationnelle permet au groupe de s'ancrer durablement sur un marché structurellement haussier.
L'assurance géopolitique : Quand le risque devient une couverture
Investir dans une major dont 30 % de la production dépend du Moyen-Orient (notamment de l'Irak) peut sembler téméraire. Pourtant, avec un Bêta de 0,2, le titre affiche une volatilité remarquablement faible, confirmant son statut de valeur refuge. Raphaël Lucet, gérant chez Moneta AM, y voit une véritable « couverture » (hedge) : si le baril est passé de 70 $ à 84 $ suite aux frappes dans le Golfe, c'est parce que le marché intègre une prime de risque que TotalEnergies monétise directement.
La mécanique est limpide : bien qu'un blocage du détroit d'Ormuz coûterait l'équivalent de 8 $ par baril sur l'ensemble de la production du groupe, ce manque à gagner serait largement compensé par l'explosion mécanique des cours mondiaux sur les 70 % restants de sa production.
« C'est une valeur de qualité avec de très bons dirigeants qui suivent une stratégie cohérente : faire progresser de 3 % par an la production de pétrole et de gaz jusqu'en 2030 tout en accroissant la part de l'électricité, en particulier par le biais des énergies renouvelables. »
Cette gestion lucide, sans dépréciation d'actifs majeure, permet de naviguer avec sérénité dans une zone de turbulences où d'autres s'échouent.
Le "Steal" boursier : La décote massive face aux géants américains
Malgré des fondamentaux de premier plan, TotalEnergies souffre d'une sous-évaluation chronique par rapport à ses pairs outre-Atlantique. Le titre se négocie sur un PER (ratio cours/bénéfice) de seulement 7,7 pour 2026 et 8,7 pour 2027. À titre de comparaison, ExxonMobil affiche un multiple de 12,8.
Cette décote est jugée excessive par de nombreux analystes qui maintiennent un conseil à l'achat (Acheter) avec un objectif de cours situé entre 80 € et 85 €. Comme le souligne le consensus : « Des PER estimés dans le bas de la fourchette usuelle de 8 à 12 fois ». Pour l'investisseur, c'est l'opportunité d'acquérir un leader mondial à un prix "soldé", alors que sa capacité de génération de cash n'a jamais été aussi forte.
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La machine à cash : Dividendes et rachats d'actions
La santé financière du groupe se traduit par une politique de redistribution d'une rare générosité. Porté par un cash-flow opérationnel en forte hausse, l'acompte sur dividende a été relevé de 5,9 % dès le début de l'année. Le rendement estimé pour 2026 atteint 5,2 %, un chiffre robuste complété par un programme de rachats d'actions de 6 milliards de dollars par an (1,5 milliard par trimestre).
Cette solidité est alimentée par des marges de raffinage qui restent à des niveaux records. Ces dernières profitent indirectement du contexte international, notamment des attaques ukrainiennes sur les raffineries russes qui raréfient l'offre de produits raffinés et maintiennent les stocks au plus bas.
Vers un nouveau paradigme énergétique
TotalEnergies réussit la prouesse de jouer sur deux tableaux : maintenir une croissance de 3 % par an de sa production d'hydrocarbures tout en devenant un acteur majeur de l'électricité renouvelable. En transformant les contraintes géopolitiques en leviers de performance, le groupe s'impose comme un pilier incontournable de tout portefeuille diversifié.
Dans un monde en mutation accélérée, la question n'est plus de savoir si les géants pétroliers ont encore leur place dans l'économie de demain, mais si l'investisseur peut réellement se permettre d'ignorer un leader capable d'afficher de tels rendements tout en finançant sa propre mutation.
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