Les places européennes abordent la séance sous pression après une nouvelle accélération de l’inflation aux États-Unis. À trente minutes de l’ouverture, le CAC 40 était attendu en baisse de 0,44 %, Francfort de 0,33 % et Londres de 0,05 %. Le mouvement intervient après la remontée des rendements obligataires provoquée par les statistiques américaines des prix à la consommation.
En septembre, l’inflation américaine a atteint 3,7 % sur un an, contre 3,4 % en août, conformément aux attentes moyennes. Le signal le plus sensible vient toutefois de l’indice sous-jacent, qui exclut l’énergie et l’alimentation. Celui-ci est passé de 2,4 % à 2,6 %, alors que le consensus tablait sur 2,5 %. Cet écart limité en apparence peut modifier les anticipations de taux lorsque les investisseurs doutent déjà du rythme de désinflation.
Le marché obligataire a réagi rapidement. Le rendement de l’OAT française à dix ans avait progressé de 4,4 points de base la veille pour atteindre 4,88 %, avant de revenir légèrement à 4,85 % le matin. Cette transmission des taux américains vers l’Europe pèse sur les valorisations, en particulier celles des sociétés dont les bénéfices attendus sont lointains ou dont le financement dépend fortement de la dette.
Selon les indications de marché rapportées, la probabilité d’une nouvelle hausse des taux de la Réserve fédérale en octobre était remontée à 50 %. L’enjeu ne se limite donc pas à une séance boursière : une inflation sous-jacente plus persistante peut prolonger le maintien de conditions financières restrictives, renchérir le crédit et réduire la valeur actuelle des flux futurs.
Pour un investisseur européen, cette configuration appelle à distinguer les effets sectoriels. Les valeurs de croissance et les entreprises très endettées sont généralement plus sensibles à la remontée des taux. Les banques peuvent bénéficier de marges d’intérêt plus élevées, mais seulement si le ralentissement économique et le risque de crédit restent contenus. Les obligations longues subissent, elles, la hausse des rendements.
La trajectoire future dépendra des prochaines données de prix et de l’emploi ainsi que de la communication de la Fed. Un chiffre isolé ne suffit pas à définir une tendance, mais le dépassement de l’inflation sous-jacente réduit la marge de manœuvre de la banque centrale.

