La Bourse de Toronto a rebondi jeudi pour atteindre son niveau le plus élevé depuis trois semaines. L’indice S&P/TSX a progressé de 1,55 % à 36 137,10 points, effaçant une partie des fortes pertes de la séance précédente. La hausse a été portée principalement par les valeurs minières et technologiques.
La détente du marché obligataire a soutenu l’appétit pour le risque. Le rendement de l’obligation canadienne de référence à dix ans est revenu à 3,828 %, favorisant une progression largement répartie entre les secteurs. Les matériaux ont gagné 3,3 %, aidés par le rebond des métaux précieux dans un contexte de baisse du dollar.
La technologie canadienne a avancé de 2,3 %. Shopify a notamment progressé de 2,9 %, contribuant au mouvement. À l’inverse, l’énergie a cédé 0,5 %. Les investisseurs évaluent les mesures que pourraient prendre les États-Unis pour assouplir certaines restrictions touchant la flotte mondiale de pétroliers, tandis que le conflit au Moyen-Orient continue d’entretenir une prime de risque géopolitique.
Sur le plan économique, les ventes manufacturières canadiennes ont augmenté de 1,5 % en août par rapport à juillet, grâce notamment aux métaux de base. Les économistes restent néanmoins prudents car les gains apparaissent concentrés dans un nombre limité de branches. Cette nuance empêche de conclure à une reprise industrielle généralisée.
La trajectoire monétaire reste également débattue. Une analyse citée estime que la Banque du Canada pourrait ne réaliser que deux des quatre hausses de taux approximativement intégrées par les marchés, le resserrement servant surtout à gérer le risque d’une inflation plus forte.
Pour les investisseurs, la séance met en évidence la sensibilité du TSX aux taux, aux métaux et à l’énergie. La hausse est solide, mais sa durabilité dépendra d’une participation plus large des secteurs et de la confirmation des données économiques. Le contraste entre matériaux en forte progression et énergie en baisse invite à éviter une lecture uniforme du marché canadien.


