L’investissement spatial ne se limite plus aux fabricants de fusées. Selon l’analyse présentée par Finaltis, la forte baisse du coût de mise en orbite élargit les opportunités aux télécommunications, à la défense, au calcul embarqué et aux fournisseurs de composants ou de gaz industriels.
La société de gestion estime que le coût d’envoi d’un kilogramme en orbite est passé d’environ 54 000 dollars à l’époque de la navette américaine à 2 000–3 000 dollars avec Falcon 9. Elle envisage moins de 1 000 dollars avec Starship et rapporte un objectif inférieur à 100 dollars à la fin de la décennie. Ces chiffres sont des estimations et objectifs présentés par Finaltis, non des coûts garantis.
SpaceX illustre cette transformation avec Starlink et ses activités de défense. Finaltis lui attribue 52 % des lancements orbitaux mondiaux en 2025 et 85 % de la masse placée en orbite. L’accès direct à SpaceX reste toutefois difficile et potentiellement volatil. La société de gestion évoque une position seulement modeste dans l’un de ses fonds, sans exposition dans ses mandats.
Les investisseurs cotés peuvent rechercher des bénéficiaires indirects. Alphabet a investi 900 millions de dollars dans SpaceX en 2015 ; Finaltis estime aujourd’hui cette participation à 140 milliards. Nvidia développe des processeurs pour le calcul spatial. Air Liquide et Linde fournissent des gaz indispensables aux lanceurs, tandis que Parker-Hannifin produit notamment des vannes, raccords et joints adaptés aux environnements extrêmes.
L’idée de centres de données spatiaux, alimentés par l’énergie solaire, reste prospective et soumise à d’importantes contraintes techniques et économiques. Pour un portefeuille, l’approche la plus prudente consiste donc à distinguer les revenus spatiaux déjà mesurables des scénarios encore lointains. Les grandes entreprises diversifiées offrent une exposition moins pure, mais aussi moins dépendante d’un seul programme.


