Le risque budgétaire français pèse de plus en plus directement sur les actifs financiers. Selon l’analyse publiée, l’absence d’accord politique pourrait prolonger les débats jusqu’en décembre. Goldman Sachs estime que le déficit annuel pourrait alors atteindre 6,4 % du PIB. Même avec un plan d’économies de 54 milliards d’euros, le déficit resterait au moins égal à 5 % du PIB pour une troisième année consécutive et la dette dépasserait 120 % du PIB.

Les marchés obligataires ont déjà ajusté leur perception du risque. Le taux souverain français à dix ans a augmenté de près de 1,4 point depuis le milieu de l’année. L’écart avec l’Allemagne a presque doublé pour dépasser 150 points de base. Cette hausse du coût de financement peut alimenter un mécanisme défavorable : plus la charge d’intérêt monte, plus l’effort budgétaire requis devient important, ce qui peut peser sur une économie dont la croissance annuelle est estimée autour de 0,5 %.

Les estimations citées indiquent que le service annuel de la dette pourrait passer de 2,2 % du PIB l’an dernier à près de 4 % en 2030 si les taux restent élevés. Sur les actions, le CAC 40 aurait perdu 10 % en deux mois, avec une baisse plus forte encore pour les grandes banques.

Le scénario n’est pas celui d’une crise de dette déclarée, mais celui d’une prime de risque durable. Pour l’investisseur français, les variables décisives seront l’adoption du budget, la trajectoire du déficit et la stabilisation du spread franco-allemand. Les projections restent conditionnelles et ne doivent pas être assimilées à des résultats acquis.