Le cours du cuivre a peu varié mercredi, mais les tensions physiques se renforcent en Europe. À 03h30 GMT, le contrat à trois mois du London Metal Exchange progressait de 0,14 % à 14 440 dollars la tonne. À Shanghai, le contrat de novembre gagnait 0,58 % à 109 820 yuans.
Le signal le plus important vient des primes payées au-dessus du prix de référence. Pour les livraisons européennes de 2027, le chilien Codelco a proposé une prime de 350 dollars la tonne, contre 325 dollars en 2026. L’allemand Aurubis a relevé la sienne d’environ 10 %, à un record de 347 dollars. Ces niveaux traduisent un resserrement de l’offre immédiatement disponible en Europe.
Une partie de la tension vient des flux attirés vers les États-Unis par l’incertitude sur les droits de douane. Depuis l’ouverture, en février 2025, d’une enquête américaine sur les importations de cuivre, les expéditions se sont dirigées vers les entrepôts du COMEX. Ceux-ci concentrent désormais environ 70 % des stocks mondiaux visibles sur les marchés organisés.
La Chine continue pourtant d’augmenter sa production raffinée. Elle a progressé de 1,1 % sur un an en septembre, à 1,26 million de tonnes, et de 3,3 % sur neuf mois, à 11,28 millions. La prime de Yangshan, indicateur de la demande chinoise d’importation, restait presque stable à 138 dollars.
Pour les investisseurs, la dissociation entre un prix spot peu mobile et des primes physiques record est un signal à surveiller. Elle peut annoncer une pression future sur les coûts des industriels européens consommateurs de cuivre et soutenir les producteurs si la tension perdure.


