Le Massachusetts Institute of Technology a engagé une action en contrefaçon de brevet contre Amazon Web Services devant le tribunal fédéral du Massachusetts. L’établissement affirme que la technologie de sécurité des données utilisée par AWS viole deux brevets liés aux fonctions physiques non clonables, ou PUF.
Ces dispositifs servent à produire des clés cryptographiques uniques à partir de caractéristiques physiques difficiles à reproduire. Selon la plainte déposée vendredi, la solution mise en œuvre par AWS repose sur une technologie de sécurité cloud fournie par Synopsys et couvrirait des innovations développées par un professeur du MIT. Synopsys n’est cependant pas partie à la procédure. Un porte-parole d’AWS a refusé de commenter l’action en justice.
Le MIT demande des dommages-intérêts, sans en préciser le montant. À ce stade, aucune décision n’a été rendue et les allégations de l’université restent à examiner par le tribunal. L’affaire porte le numéro 1:26-cv-14600 et a été déposée à Boston. L’université avait déjà intenté en mai une procédure similaire contre Microsoft au Texas ; celle-ci est toujours en cours.
Pour Amazon, l’enjeu immédiat apparaît davantage juridique qu’opérationnel : la source ne chiffre ni les revenus concernés ni une éventuelle exposition financière. La procédure touche néanmoins un domaine sensible pour AWS, la sécurité et la génération de clés cryptographiques, au cœur de la confiance accordée aux infrastructures cloud. Si le MIT obtenait gain de cause, les conséquences possibles pourraient inclure des dommages-intérêts ou une adaptation technologique, mais aucune de ces issues n’est acquise.
Les investisseurs doivent donc éviter de traduire le dépôt d’une plainte en impact financier certain. L’évolution déterminante viendra des réponses d’Amazon, de l’interprétation des brevets par le tribunal et, éventuellement, d’une estimation chiffrée des usages contestés et des réparations demandées.

