Wall Street évoluait en ordre dispersé vendredi, avec une pression concentrée sur la technologie et les valeurs liées à l’intelligence artificielle. À la mi-séance, le Dow Jones cédait 0,03 %, le S&P 500 0,56 % et le Nasdaq 1,30 %. Le secteur technologique du S&P 500 reculait de 1,5 %, tandis que CoreWeave chutait de 10,3 % sur fond d’inquiétudes persistantes concernant sa dette. Les rendements de ses obligations avaient dépassé 15 % au cours de la semaine.
Les semi-conducteurs figuraient parmi les compartiments les plus touchés. L’indice SOX perdait 1,8 % et se dirigeait vers sa plus forte baisse sur huit séances depuis avril 2025. Meta reculait de 2,3 % et Microsoft de 1,8 %, entraînant le Nasdaq près d’un plus bas d’un mois. Les investisseurs redoutent que certains opérateurs de centres de données n’atteignent pas la rentabilité assez vite pour honorer leur dette, surtout si les coûts de financement augmentent.
La séance ne traduisait toutefois pas une aversion généralisée au risque. L’énergie gagnait 1,5 % et les financières 1 %. Les hausses de Goldman Sachs et JPMorgan soutenaient le Dow Jones, qui restait en voie de progresser sur la semaine. Les flux se dirigeaient aussi vers la santé et les biens de consommation de base, secteurs généralement associés à des revenus plus prévisibles.
Cette rotation intervient alors que les chiffres de prix à la consommation et à la production ont dépassé les attentes au cours de la semaine, suggérant des pressions inflationnistes au-delà de l’énergie. Le S&P 500 se dirigeait vers sa plus forte baisse hebdomadaire depuis début juin et le Nasdaq vers sa plus forte depuis le 22 juin.
Pour les investisseurs, le contraste entre indices masque donc un changement de leadership. Les titres à forte valorisation et fortement dépendants du financement sont sanctionnés, tandis que les entreprises présentant des flux de trésorerie plus visibles attirent davantage de capitaux. La suite dépendra autant des conditions de crédit que des prochains résultats technologiques.

