Wall Street aborde une semaine chargée avec un léger rebond des contrats à terme, sans effacer les inquiétudes qui ont pesé sur la technologie. À 00h40, les futures sur le S&P 500 progressaient de 0,13 % à 7 669 points, ceux du Nasdaq 100 de 0,10 % à 29 151,50 points et ceux du Dow Jones de 0,12 % à 52 455 points.

Cette stabilisation intervient après deux semaines consécutives de baisse du S&P 500 et du Nasdaq Composite. La correction a principalement touché les valeurs technologiques et celles liées à l’intelligence artificielle. Les investisseurs s’interrogent désormais sur la rentabilité des dépenses massives engagées dans les centres de données, les puces et les infrastructures de calcul. Des inquiétudes sur l’endettement de certains fournisseurs de services cloud ont également alimenté la prudence.

Les publications de résultats donneront rapidement des éléments concrets. Verizon et Welltower doivent ouvrir la séquence lundi. Visa, Boeing et Coca-Cola sont attendus mardi. Alphabet et Microsoft publieront mercredi, puis Amazon jeudi. Pour les grandes plateformes technologiques, le marché surveillera autant la croissance des revenus que l’évolution des marges et des investissements consacrés à l’IA.

Le sujet central sera la capacité des groupes à transformer ces dépenses en activité rentable. Une croissance solide du cloud ou des services numériques pourrait rassurer. À l’inverse, une nouvelle accélération des investissements sans amélioration visible des bénéfices ou des flux de trésorerie risquerait de prolonger la compression des valorisations.

La politique monétaire constitue l’autre rendez-vous majeur. La Réserve fédérale doit commencer mardi une réunion de deux jours. Le scénario privilégié est un maintien des taux après leur relèvement de 25 points de base à 4 % en septembre. L’inflation restant supérieure à l’objectif annuel de 2 %, les investisseurs chercheront toutefois le moindre signal restrictif.

Les anticipations d’une nouvelle hausse de 25 points de base en décembre ont progressé au cours des dernières semaines. La conférence de presse de Kevin Warsh, président de la Fed, après la décision de mercredi sera donc particulièrement suivie. Un discours ferme pourrait soutenir les rendements obligataires et peser davantage sur les valeurs de croissance. Un message plus équilibré offrirait un répit aux actions technologiques.

Le faible rebond des futures ne constitue pas encore un retournement confirmé. La direction du marché dépendra des perspectives des grandes capitalisations, de la discipline sur les dépenses d’IA et du ton de la banque centrale. Cette concentration de catalyseurs augmente le risque de volatilité au cours de la semaine.