Les épargnants ont retiré davantage d’argent qu’ils n’en ont versé sur leurs Livrets A en septembre. La décollecte nette atteint 1,52 milliard d’euros, malgré la remontée du taux à 1,7 % depuis le 1er août. Le Livret de développement durable et solidaire suit la même trajectoire, avec environ 700 millions d’euros de retraits nets.
Le mouvement prolonge une tendance installée depuis la baisse progressive de la rémunération, tombée jusqu’à 1,5 % au début de 2026. Sur les six premiers mois de l’année, les sorties avaient déjà dépassé les versements de 5,93 milliards d’euros, soit la plus mauvaise performance semestrielle depuis près de vingt ans selon les données citées.
Deux explications se combinent. D’un côté, le rendement du Livret A paraît moins attractif face à certains fonds en euros d’assurance-vie, dont la rémunération moyenne est indiquée à 2,63 %. La comparaison doit toutefois intégrer la fiscalité : le taux du Livret A est net d’impôt, tandis que celui des fonds en euros est brut. De l’autre, la pression sur le pouvoir d’achat peut contraindre certains ménages à utiliser leur épargne disponible pour leurs dépenses courantes.
À fin septembre, les encours cumulés du Livret A et du LDDS atteignaient encore 606,7 milliards d’euros, un niveau stable sur un an. Le produit conserve donc un rôle central pour la liquidité de précaution et le financement du logement social.
Les économistes de BPCE envisagent une remontée du taux du Livret A à 2,60 % en 2027 sous l’effet de l’inflation. Il s’agit d’une anticipation, non d’un taux acquis. Pour l’épargnant, l’enjeu reste d’adapter la poche de sécurité à ses besoins plutôt que de rechercher uniquement le rendement nominal le plus élevé.


