SpaceX change d’échelle dans le financement de ses ambitions en intelligence artificielle. Elon Musk affirme que l’entreprise a conclu une opération d’emprunt de 40 milliards de dollars destinée principalement à l’achat de processeurs graphiques. Ces équipements, notamment des puces Nvidia, doivent être livrés au cours des premier et deuxième trimestres.
Selon Musk, cette dette est en grande partie remboursable par anticipation et ne constitue pas un facteur majeur pour le trimestre en cours. Il attribue la capacité d’emprunt de SpaceX à sa notation de catégorie investissement ainsi qu’aux revenus générés par Starlink et par les activités de lancement spatial. Ces éléments sont présentés par le dirigeant comme les fondations financières permettant de mobiliser un volume de crédit rarement observé pour un investissement technologique.
Les chiffres publiés donnent une mesure de cette accélération. Le chiffre d’affaires de SpaceX a atteint 14,58 milliards de dollars au trimestre clos le 30 septembre, en hausse de 161 % sur un an. Dans le même temps, les dépenses d’investissement ont presque triplé pour atteindre 19,6 milliards de dollars. La croissance des revenus est donc spectaculaire, mais elle s’accompagne d’un besoin de financement encore supérieur au chiffre d’affaires trimestriel.
L’entreprise cherche à sécuriser immédiatement des capacités de calcul tout en préparant une production interne. Terafab, coentreprise de fabrication de puces réunissant SpaceX et Tesla à Austin, doit produire une première puce d’essai vers mai ou juin de l’année prochaine. L’objectif annoncé est une production en série au troisième trimestre 2028. Dans son document d’introduction en Bourse, SpaceX avait d’ailleurs identifié la fabrication de ses propres GPU parmi ses projets d’investissement importants.
Pour l’investisseur, l’opération présente deux lectures. D’un côté, l’accès à 40 milliards de dollars de dette indique une confiance élevée des prêteurs et donne à SpaceX les moyens de sécuriser des composants rares. De l’autre, elle augmente l’exposition au risque d’exécution: les revenus tirés de l’IA devront progresser assez vite pour justifier les achats de GPU, les infrastructures associées et le coût du financement.
Le calendrier sera donc déterminant. Les premières livraisons peuvent renforcer rapidement les capacités informatiques, mais la fabrication interne ne doit pas atteindre l’échelle industrielle avant 2028. Entre ces deux étapes, SpaceX restera dépendante de fournisseurs externes et d’investissements lourds. La croissance du chiffre d’affaires constitue un signal favorable, sans démontrer à elle seule que les rendements futurs couvriront le montant exceptionnel des capitaux engagés.


