Novartis a présenté des résultats de phase III contrastés pour le remibrutinib dans la sclérose en plaques récurrente. Administré par voie orale, le traitement a réduit le taux annualisé de rechutes de 35,2 % dans un essai et de 31,2 % dans l’autre par rapport au tériflunomide de Sanofi, commercialisé sous la marque Aubagio. Ces niveaux sont inférieurs aux attentes de plusieurs analystes, qui tablaient sur une baisse comprise entre 45 % et 60 %.

La comparaison avec le fénébrutinib de Roche sera centrale. Dans une analyse groupée de phase III, ce concurrent de la même classe des inhibiteurs de BTK a affiché une réduction de 55 % des rechutes face au tériflunomide. Les données ne sont toutefois pas parfaitement interchangeables : les populations, les protocoles et les critères secondaires doivent être étudiés avant de conclure à une supériorité clinique. Un responsable scientifique de l’étude Novartis estime d’ailleurs que l’efficacité globale sur les rechutes et la progression du handicap pourrait se révéler assez proche entre les deux programmes.

Pour les investisseurs, la valeur du remibrutinib dépendra autant de sa sécurité que de son efficacité. Les inhibiteurs de BTK ont suscité des inquiétudes hépatiques. Roche a observé davantage d’élévations d’enzymes du foie, tandis que Novartis affirme ne pas avoir identifié de signal comparable avec son candidat. Le format oral pourrait aussi différencier le produit des traitements anti-CD20 tels qu’Ocrevus, Kesimpta ou Briumvi.

Les analystes évaluent le potentiel de ventes maximales à plus de 4 milliards de dollars en cas d’autorisation dans cette indication. Cette perspective reste néanmoins conditionnée à l’examen détaillé des résultats, aux décisions réglementaires et au positionnement face à des standards de soins déjà bien installés.