PepsiCo fait face à un risque de rupture d’approvisionnement en Inde dans son activité de boissons caféinées. Devant la Haute Cour de Delhi, le groupe a déclaré que ses produits les plus vendus pourraient disparaître du marché dans les deux mois si l’interdiction d’utiliser l’appellation « boisson énergisante » reste en vigueur.

L’autorité indienne de sécurité alimentaire, la FSSAI, a demandé en juin aux fabricants de boissons fortement caféinées de retirer cette appellation, en raison d’inquiétudes sanitaires. La justice a refusé une nouvelle fois d’autoriser PepsiCo à reprendre la fabrication de produits portant ce terme. L’entreprise, comme Monster Beverage et Reliance Consumer, peut pour l’instant écouler les stocks existants mais ne peut pas reconstituer ses approvisionnements sous l’étiquetage contesté.

La situation concurrentielle complique le dossier. Red Bull a obtenu le mois dernier un sursis judiciaire et peut continuer à commercialiser ses produits. PepsiCo affirme donc subir un désavantage temporaire alors que son rival reste actif. La prochaine audience, prévue le 30 octobre, doit poursuivre l’examen de l’affaire, sans que le tribunal se soit encore prononcé sur le fond de l’interdiction.

L’enjeu industriel porte aussi sur les emballages et la distribution. PepsiCo explique que des canettes ont déjà été achetées et imprimées, et qu’un changement complet d’étiquetage serait long. Le groupe craint une perturbation de son réseau de distribution si la production ne peut reprendre rapidement.

Le marché indien a pris de l’importance depuis le lancement de Sting en 2017. Ses bouteilles à 20 roupies ont rencontré un fort succès, notamment auprès des 15-19 ans et dans les zones rurales, selon Euromonitor. PepsiCo commercialise aussi Adrenaline Rush dans le pays.

Pour les investisseurs, l’impact financier n’est pas chiffré. Le risque immédiat concerne la perte de ventes, de disponibilité en rayon et de parts de marché au profit d’un concurrent autorisé à poursuivre ses opérations. La décision judiciaire et la capacité de PepsiCo à adapter rapidement son étiquetage détermineront la portée réelle de l’incident.