Rexel profite de deux transformations industrielles qui dépassent largement le cycle habituel de la distribution électrique : la multiplication des centres de données américains et l'électrification des équipements européens. Le groupe français a annoncé une progression de 11,4 % de ses ventes trimestrielles sur un an et relève ses prévisions pour la deuxième fois en 2026.
Sur les neuf premiers mois, son chiffre d'affaires atteint 15,44 milliards d'euros, soit une hausse de 7,3 %. Les États-Unis représentent 6,08 milliards d'euros, avec une croissance de 10,7 %, tandis que l'Europe affiche 7,15 milliards d'euros, en progression de 3,2 %. Cette différence souligne le rôle moteur des investissements américains dans les infrastructures numériques.
La demande liée aux centres de données ne concerne pas seulement les processeurs et les serveurs. Ces installations nécessitent aussi des réseaux électriques, des composants de distribution et des systèmes de refroidissement. Rexel peut ainsi bénéficier indirectement de la vague d'investissements dans l'intelligence artificielle, sans être un fabricant de semi-conducteurs.
En Europe, le développement des pompes à chaleur, des installations solaires, des bornes de recharge et de la climatisation soutient également les débouchés du distributeur. Ces marchés restent néanmoins sensibles aux conditions économiques et au rythme des projets d'investissement.
Rexel prévoit désormais une croissance annuelle de ses ventes proche de 7 % et une marge d'Ebitda ajustée d'au moins 6,4 %. Le groupe poursuit parallèlement son développement externe, notamment avec le projet d'acquisition de GCG, dont la finalisation est attendue avant la fin de l'année.
Pour les investisseurs, l'enjeu dépasse donc la seule publication trimestrielle. Il faudra déterminer si ces relais de croissance permettent de maintenir durablement les marges, tout en surveillant l'intégration des acquisitions et la valorisation boursière après les bonnes nouvelles.

