Michael Intrator, directeur général de CoreWeave, et plusieurs entités qui lui sont liées ont cédé près d’un milliard de dollars d’actions depuis l’introduction en Bourse du groupe en mars 2025, selon des documents réglementaires. Les opérations portent sur plus de 10 millions de titres.

La lecture de ces ventes exige toutefois une distinction importante. La quasi-totalité, à l’exception d’environ 40 millions de dollars, a été réalisée dans le cadre de plans de transactions préétablis. Ces dispositifs fixent à l’avance un calendrier de cession et ne traduisent donc pas nécessairement une opinion ponctuelle de la direction sur les perspectives de l’entreprise. Les quelque 40 millions restants correspondent à des ventes destinées à régler des impôts liés à l’acquisition d’actions.

Les cessions ont commencé environ deux mois après le sommet historique atteint par le titre en juin 2025. Depuis, l’action a fortement reculé et se dirigeait vers une baisse hebdomadaire d’environ 24 %. À la clôture de jeudi, CoreWeave affichait une capitalisation de 38,44 milliards de dollars.

La défiance actuelle porte surtout sur le modèle financier. Le groupe développe rapidement son réseau de centres de données et augmente ses achats de puces Nvidia pour répondre à la demande de calcul liée à l’intelligence artificielle. Son carnet de commandes dépasse 129 milliards de dollars, mais l’exécution nécessite des capitaux considérables. En août, CoreWeave a relevé sa prévision annuelle de dépenses d’investissement à une fourchette de 35 à 39 milliards de dollars.

Pour les investisseurs, les ventes de dirigeants constituent un élément de gouvernance à surveiller, mais elles ne doivent pas être isolées de leur cadre juridique. Le sujet central reste la capacité de CoreWeave à convertir son carnet de commandes en flux de trésorerie suffisants pour rémunérer le capital investi et servir sa dette dans un environnement de taux plus élevés.