La séance américaine s'est achevée sans direction commune jeudi, sur fond de forte hausse des prix de l'énergie. Le Dow Jones a progressé de 0,10 % à 51 231,64 points, mais le S&P 500 a cédé 0,47 % à 7 765,36 points et le Nasdaq Composite a reculé de 1,25 % à 27 193,34 points.

Le pétrole a constitué le principal facteur macroéconomique. Des attaques contre des pétroliers autour du détroit d'Ormuz et une baisse de la production américaine liée à des ouragans ont poussé le WTI en hausse de 3,6 % et le Brent de 4,1 %. Depuis le début de la guerre en Iran en février, le brut a gagné plus de 60 % selon la dépêche, alimentant les inquiétudes concernant l'inflation et les taux d'intérêt.

Ces tensions se transmettent au marché obligataire. Les rendements des bons du Trésor américain ont progressé vers des niveaux proches de leurs records. La Réserve fédérale avait relevé ses taux en septembre pour la première fois depuis juillet 2023. Les investisseurs anticipent un statu quo en octobre, mais attribuent environ 69 % de probabilité à une nouvelle hausse en décembre, d'après l'outil FedWatch de CME.

La technologie a ajouté une pression spécifique. Deux jours après un record de clôture, le Nasdaq a enregistré la plus forte baisse des grands indices. Le secteur des semi-conducteurs a chuté de 3,4 % après une information du Financial Times selon laquelle les revenus annualisés d'OpenAI seraient inférieurs de 20 milliards de dollars au chiffre précédemment évoqué. L'énergie a, à l'inverse, signé la meilleure performance sectorielle du S&P 500.

Plusieurs titres ont connu des mouvements marqués. PepsiCo a gagné 3,7 % après l'annonce de réductions de coûts supplémentaires et une révision à la baisse de sa prévision de bénéfice annuel. Chipotle a bondi de 6,2 % sur des informations selon lesquelles Starbucks, en retrait de 0,4 %, envisagerait une acquisition. Palantir a progressé de 2,4 % après le relèvement de la recommandation de Goldman Sachs à « acheter ».

Pour les investisseurs, la séance montre le retour d'un arbitrage entre énergie, inflation et valeurs de croissance. Un pétrole durablement élevé pourrait soutenir les producteurs tout en comprimant les marges des secteurs consommateurs et en maintenant une pression sur les valorisations sensibles aux taux.