La tokenisation des actions américaines rencontre une résistance croissante de la part des entreprises concernées. Wells Fargo, Arm Holdings et Intuit figurent parmi six nouveaux émetteurs qui refusent que leurs titres soient proposés sous forme de jetons numériques sur OKXICE, une plateforme commune portée par la crypto-bourse OKX et Intercontinental Exchange.
OKX et ICE envisageaient de tokeniser 63 actions. Le principe consiste à créer un jeton représentant une action et échangeable sur une blockchain. Les promoteurs de cette architecture mettent en avant une négociation disponible en continu et un règlement potentiellement instantané. Mais les objections recensées portent désormais à 22 le nombre d’entreprises opposées à l’utilisation de leurs titres dans ce dispositif.
Le projet s’inscrit dans une demande déposée auprès de la SEC au début du mois. OKXICE entend s’appuyer sur une nouvelle exemption réglementaire qui permettrait aux plateformes de négociation d’actions tokenisées de fonctionner sans satisfaire à plusieurs obligations imposées aux places boursières traditionnelles. Cette flexibilité reste toutefois assortie d’une protection importante pour les émetteurs : la plateforme doit les informer avant toute cotation et renoncer si l’entreprise refuse.
L’épisode montre que l’autorisation réglementaire ne suffit pas à garantir l’adoption. Pour les investisseurs, un jeton représentant une action soulève aussi des questions sur les droits économiques et juridiques, la liquidité, la conservation, le règlement et le traitement des opérations sur titres. Les objections de grandes sociétés ne condamnent pas la tokenisation, mais elles pourraient ralentir la constitution d’une offre suffisamment large pour attirer durablement les volumes. Le dossier sera donc jugé autant sur l’adhésion des émetteurs que sur l’innovation technique.

