Les dirigeants de Moonshot AI discutent d’un possible règlement avec Recurrent.ai et certains de ses investisseurs, selon des personnes proches du dossier. Ces échanges interviennent alors que la start-up pékinoise aurait déposé confidentiellement une demande d’introduction en bourse à Hong Kong. Aucun accord ne serait toutefois imminent à ce stade.
Le différend, soumis à un arbitrage à Hong Kong depuis 2024, porte sur la création de Moonshot et sur des transferts présumés de technologies et d’activités. Recurrent accuse le directeur général de Moonshot, Yang Zhilin, et son directeur technique, Zhang Yutao, d’avoir fait de fausses déclarations à ses investisseurs et de s’être enrichis à ses dépens. Ces affirmations proviennent notamment d’une lettre de ses avocats datée du 11 mars. Reuters indique ne pas avoir pu les vérifier indépendamment.
Yang a déjà rejeté les accusations. Un avocat représentant les dirigeants et Moonshot avait déclaré en novembre 2024 que l’affaire manquait de fondement juridique et factuel. Moonshot a refusé de commenter et plusieurs personnes concernées n’ont pas répondu aux demandes de réaction.
L’enjeu financier est significatif. Recurrent avait reçu 9,5 % des actions initiales de Moonshot lors de la création de la start-up. Recurrent et ses investisseurs réclament désormais une compensation équivalente à 10,5 % des actions initiales. Selon une source, cette demande pourrait dépasser 700 millions de dollars sur la base d’une valorisation de 30 milliards de dollars obtenue par Moonshot lors d’une levée de fonds en juin.
Moonshot s’est fait connaître avec son chatbot Kimi, puis a élargi son offre au codage, au raisonnement et aux agents. Alibaba a soutenu son développement ; Tencent, Meituan et China Mobile figurent aussi parmi ses investisseurs. L’entreprise a présenté en juillet Kimi K3, qu’elle décrit comme un modèle ouvert de 2 800 milliards de paramètres.
Le litige ne devrait pas nécessairement empêcher une cotation, mais son absence de résolution pourrait compliquer l’examen de la gouvernance, de la propriété intellectuelle et de la structure du capital. Pour les futurs investisseurs, l’essentiel sera de distinguer les allégations contestées des éléments établis et de mesurer les conséquences précises d’un éventuel accord.


