Kering reste confronté à un redressement exigeant de Gucci, sa principale source de résultat opérationnel. Au troisième trimestre, les ventes de la marque ont diminué de 6 % et atteint 1,29 milliard d’euros. À l’échelle du groupe, le chiffre d’affaires s’est contracté de 1 % à données comparables.
Le principal point faible demeure le trafic dans les magasins, particulièrement en Chine. Les revenus du réseau exploité en propre ont reculé de 9 %, alors que le gros et les licences ont progressé. Cette divergence montre que la reprise ne repose pas encore sur une amélioration franche de la demande finale dans les boutiques, pourtant essentielles à l’image et à la rentabilité d’une maison de luxe.
La direction financière n’a pas indiqué si Kering pourrait renouer avec la croissance sur l’année. Le groupe prévoit en revanche d’intensifier le marketing et l’expérience client pour soutenir Gucci. Il poursuit parallèlement la réduction de son réseau : 105 magasins ont déjà été retirés et au moins 125 fermetures nettes sont désormais prévues sur l’exercice 2026.
Le plan stratégique lancé par Luca de Meo vise à doubler la marge opérationnelle par rapport à 2025 d’ici la fin de la décennie. Il combine économies, rationalisation de la chaîne d’approvisionnement et réduction du parc de magasins. Pour l’investisseur, l’enjeu dépasse donc une simple baisse trimestrielle : Kering doit prouver que la discipline sur les coûts peut s’accompagner d’un regain d’attractivité de Gucci. Sans reprise du trafic et des ventes en propre, les gains d’efficacité risquent de ne pas suffire à restaurer durablement la trajectoire bénéficiaire.



