Les Bourses européennes ont clôturé en baisse lundi, pénalisées par le regain d’incertitude politique et financière en France. Le CAC 40 a perdu 1,11 % à 7 868,05 points, le DAX allemand 1,18 % et le FTSE 100 britannique 1,08 %. À l’échelle régionale, l’Euro Stoxx 50 a reculé de 0,96 % et le Stoxx 600 de 0,80 %.

Le principal canal de transmission a été le marché obligataire français. Le rendement de l’OAT à dix ans s’est établi à 4,9291 %, tandis que celui du Bund allemand de même échéance terminait à 3,4540 %. L’écart entre les deux signatures s’est élargi à 147 points de base. Le deux ans français atteignait 3,6479 %, contre 3,0920 % pour son équivalent allemand. Ces niveaux reflètent une prime de risque accrue sur la trajectoire budgétaire et politique de la deuxième économie de la zone euro.

Les valeurs financières françaises ont subi une pression marquée. Société Générale a perdu 3,41 %, Crédit Agricole 2,64 % et BNP Paribas 2,48 %. À contre-courant, Rubis a gagné 2,6 % après l’annonce d’un projet de transformation de sa gouvernance en société anonyme dotée d’un directoire et d’un conseil de surveillance.

Le contraste avec les États-Unis était net à la clôture européenne. Le Dow Jones progressait de 0,17 %, le S&P 500 de 0,86 % et le Nasdaq Composite de 1,73 %. Sur le marché des changes, l’euro reculait de 0,27 % à 1,1209 dollar, tandis que le billet vert avançait de 0,14 % face à un panier de devises.

Les taux américains restaient eux aussi élevés : le Treasury à dix ans gagnait 3,8 points de base à 5,1355 %, et le deux ans 3,4 points de base à 4,7698 %. Enfin, le Brent cédait 0,64 % à 109,16 dollars le baril et le WTI 0,11 % à 101,52 dollars.

Pour les investisseurs européens, cette séance illustre un marché fragmenté : le risque français pénalise l’Europe, alors que la technologie soutient encore Wall Street. Le couple taux de change-taux souverains sera déterminant pour la suite.