Les fabricants de matériel technologique ont nettement sous-performé le marché américain cette semaine. L’indice S&P 1500 consacré au matériel et aux équipements technologiques a perdu 3,3 %, contre un recul de 1,2 % pour le S&P 500.

Le mouvement touche particulièrement la chaîne d’infrastructure de l’intelligence artificielle. Les investisseurs réévaluent le temps nécessaire aux opérateurs de centres de données, souvent lourdement endettés, pour transformer leurs dépenses massives en rendements financiers. Cette inquiétude se transmet aux fournisseurs de réseaux, de composants optiques, de serveurs et d’électronique.

Lumentum et Ciena ont subi les plus fortes corrections hebdomadaires du groupe. Vendredi, elles reculaient encore respectivement de 2,5 % et 3,2 %, après avoir perdu près d’un quart de leur valeur jusqu’à la clôture de jeudi. Malgré ce repli, Lumentum conservait une hausse supérieure à 100 % depuis le début de l’année, ce qui montre aussi l’ampleur des anticipations positives accumulées auparavant.

La baisse s’étendait à plusieurs segments. Applied Optoelectronics perdait 3,3 % et Fabrinet 2,1 %. Hewlett Packard Enterprise, Coherent, Flex et Super Micro Computer reculaient de 3,6 % à 4,4 % durant la séance mentionnée.

Pour les investisseurs, cette correction ne signifie pas que la demande d’infrastructures d’IA disparaît. Elle traduit un changement de question : le marché ne se demande plus seulement combien sera dépensé, mais à quel rendement, avec quel financement et dans quel délai. Les sociétés dont les valorisations reposent sur une croissance rapide deviennent plus sensibles aux retards de commandes, à la pression sur les marges et au coût du capital.

La dispersion au sein de la chaîne devrait donc augmenter. Les carnets de commandes, la conversion en trésorerie, la concentration des clients et l’endettement seront essentiels pour distinguer les fournisseurs capables de soutenir leurs performances des dossiers principalement portés par le thème de l’IA.