SpaceX franchit une nouvelle étape dans son ambition de fournir des services mobiles directement depuis l'orbite. L'entreprise a conclu un accord pour acquérir 100 % du portefeuille national de fréquences 800 MHz détenu par Grain Management. Les conditions financières de la transaction n'ont pas été rendues publiques.
L'intérêt technique de ces fréquences est central. Le réseau mondial existant de Starlink Mobile utilise une bande moyenne autour de 2 GHz, adaptée à la capacité haut débit. La bande basse de 800 MHz parcourt de plus longues distances et traverse mieux les murs, les bâtiments denses et la végétation. Elle pourrait donc réduire l'un des principaux handicaps des communications directes entre satellites et smartphones.
L'opération reste soumise à l'autorisation de la Federal Communications Commission. La FCC a par ailleurs approuvé cette semaine la demande de Starlink Mobile concernant sa constellation Gen2, autorisant SpaceX à lancer 15 000 satellites optimisés pour la bande de 2 GHz à l'échelle mondiale. Ces deux avancées renforcent la capacité potentielle du groupe à proposer une offre mobile moins dépendante des infrastructures terrestres classiques.
Le marché a immédiatement réagi au risque concurrentiel. Les actions de T-Mobile US, Verizon et AT&T ont toutes reculé de plus de 5 % dans les échanges après la clôture. Les investisseurs redoutent qu'une offre Starlink Mobile plus performante ne déclenche une pression sur les prix et ne réduise les parts de marché des opérateurs historiques dans un marché américain déjà mature.
Le scénario reste toutefois conditionnel. L'acquisition doit franchir l'examen réglementaire, puis SpaceX devra démontrer la qualité du service, sa capacité commerciale et la compatibilité de son réseau avec les smartphones. Les opérateurs traditionnels disposent de leur côté d'infrastructures existantes, de millions de clients et d'une couverture terrestre déjà déployée.
Pour l'investisseur, l'annonce ne signifie donc pas que Starlink remplacera rapidement les réseaux mobiles. Elle transforme néanmoins la connectivité satellitaire en menace plus crédible, notamment dans les zones mal couvertes et pour les usages nécessitant une disponibilité élargie. La réaction des opérateurs sur leurs prix, leurs partenariats et leurs investissements sera désormais déterminante.


