Les marchés ont traversé une semaine dominée par trois thèmes : l’inflation, le coût du capital et la fragilité des valeurs technologiques les plus endettées. À Paris, le CAC 40 a commencé lundi en hausse de 0,38 % à 7 832,88 points, avant de finir mardi presque stable, puis de progresser de 0,58 % mercredi et de 0,78 % jeudi à 7 934,70 points.
La dette française est restée sous surveillance avec l’examen du budget 2027. Le rendement à dix ans a évolué entre 4,84 % et 4,89 % sur les premières séances, alors que le taux allemand correspondant se situait autour de 3,46 %-3,47 %. Cet écart rappelle que le risque budgétaire national reste intégré dans les prix obligataires.
Aux États-Unis, l’inflation de septembre a surpris à la hausse. L’indice des prix à la consommation a progressé de 3,7 % sur un an, avec une inflation hors alimentation et énergie à 2,6 %. Les prix à la production ont ensuite affiché leur rythme le plus rapide depuis plus de quatre ans. Cette dynamique a maintenu les rendements du Trésor à dix ans près de leurs sommets de plusieurs années et ravivé les interrogations sur la trajectoire des taux.
Les valeurs liées à l’intelligence artificielle ont subi une réévaluation brutale. CoreWeave a chuté de 15,46 % mercredi, tandis que Nebius, Oracle, Dell et Nvidia ont également reculé. Les rendements des obligations de CoreWeave arrivant à échéance en 2031 et 2032 ont approché 15 %, révélant une hausse de la prime de risque exigée par les créanciers. À Paris, STMicroelectronics, Schneider Electric et Legrand ont également été affectés jeudi par les inquiétudes sur le financement des infrastructures d’IA.
Dans ce contexte, les secteurs défensifs ont mieux résisté. Danone, L’Oréal et Sanofi ont soutenu Paris mercredi, puis Hermès et L’Oréal ont contribué à la hausse du CAC 40 jeudi. Wall Street a rebondi ce même jour, avec un Dow Jones en hausse de 1,08 %, un S&P 500 à +0,33 % et un Nasdaq presque stable à +0,08 %.
Pour l’investisseur, la semaine confirme que l’inflation et le financement redeviennent des filtres essentiels. Les entreprises capables de financer leur croissance sans dépendre excessivement de la dette bénéficient d’un avantage relatif.


