La Bourse de New York a terminé nettement dans le rouge vendredi, avec un recul de 2,14 % du Nasdaq, de 1,09 % du S&P 500 et de 0,34 % du Dow Jones. Les investisseurs ont combiné deux préoccupations : la rentabilité des dépenses consacrées à l’intelligence artificielle et le retour d’un risque inflationniste alimenté par le pétrole.
Les semi-conducteurs ont concentré une grande partie des ventes. Nvidia a perdu 1,43 %, Broadcom 4,52 %, Micron 5,63 % et AMD 5,95 %. La correction s’est aussi étendue aux grandes plateformes, avec Meta en baisse de 3,72 %, Alphabet de 2,47 % et Microsoft de 1,93 %.
Les opérateurs de centres de données optimisés pour l’IA ont subi une pression encore plus forte. CoreWeave a chuté de 11,91 %, Nebius de 12,18 % et Oracle de 4,64 %. Le marché s’interroge sur le niveau d’endettement de ces acteurs et sur la visibilité des revenus futurs censés couvrir leurs charges financières. La question centrale devient la vitesse à laquelle les investissements peuvent générer des liquidités.
Le pétrole a renforcé la prudence. Le Brent a gagné 3,72 % et brièvement atteint 110 dollars, un niveau inédit depuis mai, dans un contexte d’incertitudes sur les approvisionnements et les achats de diesel russe. Le rendement du Trésor américain à dix ans est monté jusqu’à 5,13 %, contre 5,06 % la veille, avant de revenir vers 5,09 %.
Quelques valeurs ont profité de cette configuration. ExxonMobil a gagné 2,46 % après avoir annoncé attendre 4,5 milliards de dollars supplémentaires au troisième trimestre par rapport au deuxième dans sa branche de produits énergétiques. À l’inverse, Tesla a perdu 2,13 % avant ses résultats attendus mercredi.
Pour les investisseurs, la séance illustre une réévaluation simultanée du risque de croissance, du coût du capital et de l’inflation. Les prochains résultats devront fournir des preuves chiffrées sur les marges, les flux de trésorerie et le rendement des investissements dans l’IA.


