La séance de jeudi remet simultanément trois risques au premier plan : la rentabilité des investissements dans l’intelligence artificielle, la hausse de l’énergie et la dégradation du marché obligataire français. L’indice MSCI mondial reculait de 0,4 %, tandis que le Stoxx 600 perdait 0,7 %. Les contrats à terme américains cédaient entre 1 % et 1,7 %.
Meta a pourtant publié un chiffre d’affaires trimestriel supérieur aux attentes. Le marché s’est surtout inquiété de son projet d’émettre des actions sans droit de vote, perçu comme un signal supplémentaire sur l’ampleur de ses besoins financiers. Le titre reculait d’environ 3 %. Tesla, qui a revu ses prévisions de dépenses à la baisse dans la perspective d’un éventuel rapprochement avec SpaceX, perdait près de 4 % avant l’ouverture.
Le pétrole accentue la pression. Le Brent progressait d’environ 3 % à 112 dollars le baril après de nouvelles attaques des Houthis en Arabie saoudite. Cette hausse ravive le risque inflationniste et pénalise les secteurs consommateurs d’énergie.
En France, le rendement de l’OAT à dix ans atteignait 5,107 %, en hausse de 11 points de base. Il dépassait le rendement américain à dix ans pour la première fois en treize ans. Cette situation traduit une prime de risque plus élevée sur la dette française et peut renchérir le financement de l’économie.
Les actifs risqués reculaient largement : le bitcoin et l’ether perdaient chacun 3,5 %. Même l’or baissait de 1,8 % à 4 070 dollars l’once. Pour l’investisseur, la séance illustre un marché où les corrélations augmentent et où la diversification habituelle protège moins à très court terme.

