Legrand : les data centers deviennent le moteur central de la croissance
Legrand signe un premier semestre 2026 solide, porté par l’essor des data centers américains. Analyse des résultats, des objectifs relevés et des enjeux à venir.
BOURSE
Legrand a publié un premier semestre 2026 de très bonne facture, confirmant la profonde transformation de son profil de croissance. Longtemps principalement identifié au marché du bâtiment et aux équipements électriques traditionnels, le groupe bénéficie désormais d’un moteur beaucoup plus dynamique : les infrastructures numériques. La demande des data centers, alimentée par l’essor de l’intelligence artificielle et la multiplication des besoins en puissance de calcul, prend une place croissante dans son activité et lui permet de compenser largement la faiblesse persistante de certains marchés de la construction.
Le groupe a réalisé 5,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires au premier semestre, en hausse de 13,1 % en données publiées. Hors effet de change, la croissance atteint 17 %, grâce à une progression organique de 9,8 % et à la contribution des acquisitions. Le résultat opérationnel ajusté progresse de 12 %, à 1,12 milliard d’euros, tandis que le bénéfice net avance de 11,2 %. La marge opérationnelle ajustée s’établit à 20,8 %, un niveau élevé qui illustre la capacité de Legrand à conserver une forte rentabilité malgré l’accélération des investissements et l’intégration de nouvelles activités. Publication semestrielle de Legrand
Les data centers changent d’échelle
Le chiffre le plus marquant de la publication concerne la place prise par les data centers dans l’activité du groupe. Ils représentent désormais 32 % des ventes de Legrand au premier semestre, contre environ un quart un an plus tôt. Cette progression très rapide modifie la lecture du dossier : Legrand n’est plus seulement exposé à l’électrification des bâtiments, aux rénovations et aux cycles de construction. Il devient un fournisseur de plus en plus important des infrastructures indispensables au fonctionnement de l’économie numérique.
Les centres de données ont besoin de systèmes de distribution électrique, d’armoires techniques, de solutions de protection, de connectique et d’équipements permettant de sécuriser l’alimentation des serveurs. Or, l’essor de l’intelligence artificielle rend ces besoins encore plus critiques. Les nouveaux centres de calcul consomment davantage d’électricité, nécessitent une disponibilité quasi continue et imposent des investissements considérables dans les réseaux, les systèmes de secours et la gestion de l’énergie.
Cette tendance est particulièrement visible aux États-Unis, où se concentre une large part des investissements mondiaux dans les infrastructures d’IA. L’Amérique du Nord représente désormais 47 % des ventes du groupe et les États-Unis, à eux seuls, près de 44 % de son chiffre d’affaires consolidé. Les ventes américaines ont progressé de 26,7 % sur les six premiers mois de l’année. Legrand bénéficie ainsi directement de la concentration géographique des grands investissements engagés par les entreprises technologiques, les opérateurs de cloud et les acteurs de l’intelligence artificielle.
Une croissance qui ne repose pas uniquement sur les acquisitions
La hausse des ventes ne s’explique pas seulement par les rachats réalisés par Legrand. La croissance organique, qui mesure la progression à périmètre comparable, atteint 9,8 % sur le semestre. Cela signifie que l’activité historique du groupe se développe déjà fortement, indépendamment de l’effet des acquisitions.
Les opérations de croissance externe renforcent toutefois cette dynamique. Depuis le début de l’année, Legrand a annoncé sept acquisitions, toutes concentrées sur des marchés jugés prioritaires : data centers, transition énergétique et usages numériques. Cette stratégie permet au groupe d’élargir son portefeuille technologique et de se rapprocher de segments à forte valeur ajoutée, notamment dans les solutions d’alimentation électrique critique, les systèmes modulaires ou les équipements destinés à sécuriser les infrastructures numériques.
Le risque, dans une telle stratégie, est toujours de payer trop cher les sociétés rachetées ou de dégrader la rentabilité du groupe à travers des intégrations complexes. Pour l’instant, Legrand parvient à maintenir une marge opérationnelle très élevée, ce qui suggère que les acquisitions sont intégrées sans remettre en cause la qualité économique du modèle.
Idée d'investissement crypto :
Assurance-vie : astuce
Binance : acheter de la crypto facilement
Spectra : encore +rentable que la rentabilité
Coach investissement gratuit IA :
Disponible 7/7 et 24/25
Posez lui toutes vos questions
Dispo ici GO
📘 GUIDE COMPLET : BIEN PRÉPARER SA RETRAITE : ICI GO
Le bâtiment reste faible, mais Legrand est mieux protégé que ses concurrents
Legrand n’échappe pas totalement à la faiblesse de certains marchés de la construction, particulièrement en Europe. Les taux d’intérêt élevés des dernières années, le ralentissement de l’immobilier résidentiel et le report de certains projets ont pesé sur la demande d’équipements électriques traditionnels.
Mais la structure du groupe lui permet d’être moins dépendant de ce cycle que d’autres acteurs du secteur. Les besoins liés à l’efficacité énergétique, à la rénovation des bâtiments, à l’électrification des usages et aux infrastructures numériques constituent des relais de croissance plus solides. La progression des data centers ne supprime pas le risque lié au bâtiment, mais elle réduit son poids relatif dans l’équation.
Cette diversification devient un avantage stratégique. Alors que de nombreuses entreprises industrielles cherchent encore à compenser le ralentissement de certains marchés finaux, Legrand bénéficie d’une exposition directe à l’un des rares segments où la demande paraît aujourd’hui structurellement supérieure à l’offre : la capacité de calcul et l’alimentation électrique des infrastructures numériques.
Des objectifs 2026 relevés
La direction a relevé ses objectifs pour l’ensemble de l’année. Legrand vise désormais une croissance organique de son chiffre d’affaires comprise entre 8 % et 10 %, contre une précédente fourchette de 4 % à 7 %. Le groupe anticipe également une croissance totale des ventes, acquisitions incluses, comprise entre 10 % et 12 % hors effet de change.
L’objectif de marge opérationnelle ajustée est maintenu à un niveau élevé, entre 20,5 % et 21 % des ventes après acquisitions. Cette stabilité est importante : elle montre que Legrand ne cherche pas à acheter de la croissance au prix d’une baisse de sa profitabilité. Dans un environnement de forte demande, le groupe conserve sa capacité à ajuster ses prix, à améliorer son mix produit et à absorber les coûts liés à l’expansion de ses capacités.
Le relèvement des perspectives traduit surtout la confiance de la direction dans la poursuite de la demande pour les data centers. Le groupe reste prudent sur la durée exacte de cette phase d’accélération, mais il estime que la visibilité demeure forte pour les deux prochaines années.
Les principaux risques à surveiller
Le premier risque concerne naturellement la durabilité du cycle des data centers. Les investissements actuels sont très importants et reposent largement sur les ambitions des grands groupes technologiques dans l’intelligence artificielle. Un ralentissement des dépenses d’infrastructure, une surcapacité ou une baisse du rythme de déploiement de l’IA finiraient par affecter la croissance de Legrand.
Le deuxième risque est géographique. L’Amérique du Nord est devenue le principal moteur du groupe. Cette concentration est favorable tant que la demande américaine reste très dynamique, mais elle accroît aussi la sensibilité de Legrand au cycle d’investissement des entreprises technologiques américaines et aux évolutions des politiques commerciales.
Enfin, la multiplication des acquisitions devra continuer à être suivie. Elles renforcent la présence de Legrand sur des marchés attractifs, mais elles exigent une intégration rigoureuse et une discipline financière constante.
Une nouvelle dimension pour Legrand
Legrand se trouve aujourd’hui dans une position singulière. Le groupe conserve les qualités défensives d’un acteur établi de l’équipement électrique, avec des positions fortes dans les infrastructures des bâtiments et une rentabilité élevée. Mais il bénéficie aussi d’un relais de croissance beaucoup plus offensif grâce à l’explosion des besoins liés aux data centers.
Le premier semestre 2026 confirme que cette transformation n’est plus théorique. Les infrastructures numériques pèsent désormais suffisamment lourd pour soutenir la croissance du groupe, relever ses objectifs et modifier durablement sa trajectoire. La prochaine publication trimestrielle, attendue le 5 novembre, permettra de vérifier si cette dynamique américaine et technologique se prolonge au second semestre.
Cet article ne constitue pas un conseil en investissement. Chaque investisseur doit tenir compte de ses objectifs, de son horizon de placement et de sa tolérance au risque.
Infos & actualités :

Actualités
Les actualités exclusives pour acheter avant tout le monde
Soyez le premier informé des événements clés qui influencent vos décisions
Marchés & Opportunités
Découvrez les opportunités à saisir sur les marchés financiers.
Fiscalité, placements et stratégies gagnantes.










