Stellantis : Le Grand "Reset" à 22 Milliards d'Euros qui Redessine l'Avenir de l'Automobile

Ce nettoyage radical du bilan est le prix à payer pour sortir Stellantis de l'impasse idéologique. Si l'année 2025 a été celle de la douleur comptable, 2026 se profile comme celle du redressement opérationnel

BOURSE

2/9/20266 min lire

a concept car is shown in the dark
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Stellantis : Le Grand "Reset" à 22 Milliards d'Euros qui Redessine l'Avenir de l'Automobile

Le 6 février 2026 restera dans les annales de l'industrie automobile comme le moment où la réalité du marché a brisé les ambitions idéologiques. Ce jour-là, Stellantis a provoqué une onde de choc sur les marchés financiers en annonçant une charge exceptionnelle colossale de 22,2 milliards d'euros. Pour les analystes, ce n'est pas seulement une écriture comptable massive ; c'est le signal d'un "Reset" total. Comment un géant mondial, né de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler, a-t-il pu se retrouver contraint de purger son bilan de manière aussi violente ?

"L'Héritage Tavares" : Le passage brutal du "Command" au "Demand"

Ce redressement radical porte la signature d'Antonio Filosa, le nouveau PDG qui a succédé à Carlos Tavares avec une mission claire : corriger une trajectoire devenue déconnectée des réalités. Stellantis a officiellement admis avoir péché par excès d'optimisme concernant la vitesse de la transition vers le tout-électrique. Jusqu'ici, la stratégie semblait dictée par les régulations ("Command"), ignorant les signaux de plus en plus faibles de la demande réelle ("Demand").

Antonio Filosa a résumé ce tournant avec une franchise tranchante :

« Les charges annoncées aujourd'hui reflètent en grande partie le coût d’avoir surestimé le rythme de la transition énergétique, ce qui nous a éloignés des besoins, des moyens et des désirs réels des acheteurs. Elles reflètent également l’impact d’une exécution opérationnelle passée défaillante, dont les effets sont progressivement corrigés par notre nouvelle équipe. »

En substance, Stellantis reconnaît que l'entreprise ne peut plus imposer sa vision technologique à un consommateur qui, lui, réclame du pragmatisme et de l'accessibilité.

L'addition salée : Une purge de 22,2 milliards d'euros pour tout remettre à plat

Pour assainir les comptes avant le nouveau plan stratégique du 21 mai, la direction a décidé de "passer la paille" dans tous les coins de l'organisation. La décomposition de ces charges révèle l'ampleur du revirement stratégique :

  • Réalignement des plans produits (14,7 Md€) : C'est le cœur du réacteur. Ce montant inclut 2,9 Md€ pour l'abandon pur et simple de produits (comme le Ram 1500 BEV initialement prévu) et 6 Md€ de dépréciation de plateformes. Plus crucial pour la trésorerie : 5,8 Md€ de sorties de cash sont prévus sur quatre ans pour clore les dossiers de véhicules électriques (BEV) dont les volumes sont désormais jugés insuffisants.

  • Redimensionnement de la chaîne d'approvisionnement (2,1 Md€) : Principalement dédié à la rationalisation des capacités de production de batteries en Amérique du Nord, avec un impact de 0,7 Md€ en cash out.

  • Charges opérationnelles et "L’Éveil Actuariel" (5,4 Md€) : Stellantis a dû provisionner 4,1 Md€ pour ses garanties contractuelles. Les anciens modèles de calcul étaient "trop lents" pour refléter l'inflation des coûts et les problèmes de qualité. Le groupe utilise désormais des modèles actuariels mis à jour pour coller à la réalité des dépenses. S'y ajoutent 1,3 Md€ de restructuration, notamment pour les réductions d'effectifs déjà engagées en Europe.

Au total, l'impact sur la trésorerie est estimé à 6,5 milliards d'euros de décaissements sur les quatre prochaines années.

"Hemi Proof" : Quand la liberté de choix redonne du volume

Malgré cette purge, Stellantis n'est pas en stagnation. Au contraire, le second semestre 2025 a montré des signes de reprise : les expéditions mondiales ont progressé de 11 % sur un an, portées par une envolée spectaculaire de 39 % en Amérique du Nord.

Cette reprise repose sur une nouvelle doctrine : la "liberté de choix". Plutôt que de parier uniquement sur l'électrique, Stellantis réinvestit massivement dans le thermique et l'hybride pour répondre à la demande immédiate du marché. Le succès est au rendez-vous : Stellantis a déjà reçu plus de 60 000 commandes pour le Ram 1500 HEMI® V-8 (modèle 2026), prouvant que le moteur thermique haut de gamme reste un moteur de profit essentiel.

Le catalogue 2026 s'annonce offensif avec des lancements pragmatiques :

  • Le retour du Jeep Cherokee et de la Fiat 500 Hybrid.

  • Le lancement de la Dodge Charger SIXPACK (thermique) et du Jeep Recon.

  • Le maintien de la position de leader en Europe sur les segments hybrides, citadines (Segment-B) et véhicules utilitaires (LCV).

L'antidote opérationnel : 2 000 ingénieurs au chevet de la qualité

Le "Reset" n'est pas que financier ; il vise à réparer une exécution opérationnelle jugée défaillante sous l'ancienne direction. Stellantis a recruté plus de 2 000 ingénieurs en 2025, principalement en Amérique du Nord, pour reprendre en main les processus de fabrication.

Les indicateurs de performance (KPI) montrent déjà une rupture : le nombre de problèmes signalés après un mois de service a chuté de plus de 50 % en Amérique du Nord et de 30 % en Europe. Ce succès repose sur la décentralisation : le pouvoir de décision a été rendu aux équipes régionales, mettant fin à l'hypercentralisation passée pour être plus proche des attentes locales.

Une "Forteresse Financière" face aux vents contraires de 2026

La perte nette massive estimée entre 19 et 21 milliards d'euros pour 2025 impose un sacrifice aux actionnaires : la suspension du dividende en 2026. Pour renforcer son bilan, le conseil a autorisé l'émission d'obligations hybrides perpétuelles à hauteur de 5 milliards d'euros.

Pourtant, Stellantis affiche une résilience financière notable. Avec 46 milliards d'euros de liquidités industrielles, le groupe maintient un ratio de 30 % de son chiffre d'affaires net, soit le haut de sa fourchette cible. Cette "forteresse" sera nécessaire pour affronter les défis de 2026, notamment l'impact projeté de 1,6 milliard d'euros de frais de douane (tarifs) liés au contexte macroéconomique instable.

Conclusion : Le rendez-vous du 21 mai

Ce nettoyage radical du bilan est le prix à payer pour sortir Stellantis de l'impasse idéologique. Si l'année 2025 a été celle de la douleur comptable, 2026 se profile comme celle du redressement opérationnel, avec une amélioration séquentielle attendue des revenus et des marges dès le premier semestre.

Le véritable test de crédibilité aura lieu le 21 mai 2026, lors de la présentation du nouveau plan stratégique. Stellantis devra prouver qu'il peut regagner durablement ses parts de marché sans sacrifier ses prix, tout en naviguant dans un paysage réglementaire et douanier de plus en plus complexe. Le géant s'est réveillé ; reste à voir s'il pourra à nouveau courir.

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